samedi 28 septembre 2013

Le syndrome du Lampadaire


La scène se passe la nuit. Un quidam s'approche d'un homme, penché vers le sol, sous un lampadaire. « Vous avez perdu quelque chose? - Oui, mes clés de voiture et de maison.  Ah ! C'est embêtant ... Et vous êtes sûr de les avoir perdues ici ? - Non, pas du tout, répond l'homme, mais il n'y a que là que c'est éclairé! »

Le syndrome du lampadaire désigne la propension à ne regarder que « là où c'est éclairé ». Il permet de comprendre certaines situations apparemment « irrationnelles ».


 
 

Mais le syndrome du lampadaire va au-delà.

Par extension, il désigne notre propension à formuler les problèmes non pas pour ce qu'ils sont, mais en fonction des solutions dont on dispose. Dit autrement, ce sont les solutions qui définissent les problèmes plus souvent que l'inverse: le syndrome du lampadaire, c'est traiter les problèmes que l’on sait traiter, et non ceux que l'on doit traiter; c'est investir dans les solutions connues, même si elles ne sont pas forcément adaptées. Les problèmes sont sélectionnés non en fonction de leur importance intrinsèque, mais des leviers connus.

On est là au cœur de la « rationalité limitée». Ce concept repose sur l’idée que l'être humain sélectionne ses problèmes - et donc ses solutions - non en fonction d'une analyse rationnelle et « jusqu'au-boutiste», mais en fonction de contingences bien humaines:

            Quel est le temps dont je dispose?

            Quel « coût» représente l'acquisition de nouvelles informations?

            Le problème est-il (trop) compliqué?


On peut dire que le syndrome du lampadaire, déclinaison quotidienne de la rationalité limitée, c'est comment être « rationnellement irrationnel ».
 
extrait libre de TONNELE Arnaud -65 outils pour accompagner le changement - Eyrolles

5 commentaires:

  1. c'est toujours aussi intéressant de le relire une seconde fois!!!

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  2. merci beaucoup, oui, le concept est intéressant

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  3. Etre rationnellement irrationnel : paradoxal et éclairant, ce syndrome du lampadaire.
    Comme quand on cherche un objet égaré aux endroits logiques où il pourrait se trouver, sans le voir à la place imprévue où il se niche.
    Bonne fin de semaine, Olivier.

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  4. Et oui, chère Anita, il en va de même avec nos problèmes psy.... nous cherchons toujours de la même façon et au même endroit des solutions qui ne fonctionnent pas. ( cf: "Faites vous-mêmes votre malheur" de Watzlawick ) Merci d'être passée

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  5. On a tous dans notre escarcelle de bonnes vieilles techniques de sabotage, individuelles ou collectives. J'en évoque quelques-unes (pour les équipes) dans mon dernier opus, "La bible du team-building", tout chaud sorti des presses :).
    Arnaud Tonnelé

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