La scène se passe la nuit.
Un quidam s'approche d'un homme, penché vers le sol, sous un lampadaire. « Vous
avez perdu quelque chose? - Oui, mes clés de voiture et de maison. Ah ! C'est embêtant ... Et vous êtes sûr
de les avoir perdues ici ? - Non, pas du tout, répond l'homme, mais il n'y a
que là que c'est éclairé! »
Le syndrome du lampadaire
désigne la propension à ne regarder que « là où c'est éclairé ». Il
permet de comprendre certaines situations apparemment « irrationnelles ».
Mais le syndrome du lampadaire va au-delà.
Par extension, il désigne
notre propension à formuler les problèmes non pas pour ce qu'ils sont,
mais en fonction des solutions dont on dispose. Dit autrement, ce sont les solutions qui
définissent les problèmes plus souvent que l'inverse: le syndrome du
lampadaire, c'est traiter les problèmes que l’on sait traiter, et non ceux que
l'on doit traiter; c'est investir dans les solutions connues, même si elles ne
sont pas forcément adaptées. Les problèmes sont sélectionnés non en fonction de
leur importance intrinsèque, mais des leviers connus.
On est là au cœur de la «
rationalité limitée». Ce concept repose sur l’idée que l'être humain
sélectionne ses problèmes - et donc ses solutions - non en fonction d'une
analyse rationnelle et « jusqu'au-boutiste», mais en fonction de contingences
bien humaines:
• Quel est le temps dont je dispose?
• Quel « coût» représente l'acquisition de nouvelles
informations?
• Le problème est-il (trop) compliqué?
On peut dire que le
syndrome du lampadaire, déclinaison quotidienne de la rationalité limitée,
c'est comment être « rationnellement irrationnel ».
extrait libre de TONNELE Arnaud -65 outils pour accompagner le changement - Eyrolles

c'est toujours aussi intéressant de le relire une seconde fois!!!
RépondreSupprimermerci beaucoup, oui, le concept est intéressant
RépondreSupprimerEtre rationnellement irrationnel : paradoxal et éclairant, ce syndrome du lampadaire.
RépondreSupprimerComme quand on cherche un objet égaré aux endroits logiques où il pourrait se trouver, sans le voir à la place imprévue où il se niche.
Bonne fin de semaine, Olivier.
Et oui, chère Anita, il en va de même avec nos problèmes psy.... nous cherchons toujours de la même façon et au même endroit des solutions qui ne fonctionnent pas. ( cf: "Faites vous-mêmes votre malheur" de Watzlawick ) Merci d'être passée
RépondreSupprimerOn a tous dans notre escarcelle de bonnes vieilles techniques de sabotage, individuelles ou collectives. J'en évoque quelques-unes (pour les équipes) dans mon dernier opus, "La bible du team-building", tout chaud sorti des presses :).
RépondreSupprimerArnaud Tonnelé